COLLECTION.
En fait, il est des achats compulsifs comme de la boulimie : c?est une faim qui ne s?apaise jamais !
Analyser d?o? provient le d?sir.
L?origine de la fr?n?sie d?achats : se faire plaisir ? soi-m?me.
Une revanche prise sur le pass? et sur ce qu?on a interpr?t? comme un manque d?amour de la part des parents .
Contr?ler ses d?sirs pour satisfaire ses besoins.
A peine l?objet en sa possession, l?acqu?reur r?ve d?un autre achat.
-Enum?rer les d?fauts de l?objet qui vous attire, pour cesser de le d?sirer.
-Se fixer un budget de plus en plus strict.
-Modifier l?image que vous avez de vous-m?me.
Une psychologie du collectionneur ?
"C'est une disposition qui provient d'un souvenir sensoriel de privation, de perte ou de vuln?rabilit?, et d'un d?sir cons?cutif de substitution, ?troitement associ? ? la morosit? et ? des tendances d?pressives".
Collectionner, c'est r?unir.
Une collection serait donc un ensemble d'objets, d?sign?e comme s?rie par le collectionneur lui-m?me.
L'objet collectionn? quitte le champ utilitaire pour rentrer dans celui de la pure possession.
Nous sommes tous entour?s d'objets qui n'ont d'autre fonction que d'?tre les supports de notre m?moire, de notre existence : un livre que nous ne relirons jamais mais dont nous ne nous d?barrasserions pour rien au monde, un morceau de bois ramass? sur une plage qui n'ira jamais rejoindre les b?ches dans la chemin?e, ou encore quelques francs (fran?ais !), vestiges oubli?s d'une autre ?poque. Ces objets n'ont d'autre fonction que d'?tre l?, ? nos cot?, sorte de prolongement de nous- m?me. Serge Tisseron : "Comment l'esprit vient aux objets ".
Le collectionneur n'est pas f?tichiste, il ne recherche pas l'objet comme une finalit? en soi, il ne v?n?re pas l'objet pour lui-m?me, mais l'objet comme ?l?ment constituant de la s?rie, comme pi?ce suppl?mentaire de son bric ? brac. Le choix de l'objet n'est pas anodin.
Le collectionneur naviguerait donc sur le flot de l'insatisfaction sans jamais pouvoir se reposer sur la berge de l'assouvissement.
Ce qui l'?puise, ce n'est en effet pas tant les objets qu'il poss?de, que ceux qu'il r?ve de poss?der. Alors que consommateur de notre soci?t? moderne flirte d'un achat ? l'autre, esp?rant sans trop y croire que ses acquisitions calmeront ses frustrations, le collectionneur lui, ne cesse de le dire : il sait ce qui lui manque .
Le collectionneur est frustr? de ce qu'il ne poss?de pas encore, mais son tr?sor capitalis?, sa "s?rie - 1" (moins un) semble poss?der un effet d'apaisement souvent ?voqu? dans la litt?rature.
Certaines collections se pr?tent plus facilement ? l'ach?vement que d'autres : il est en effet plus facile de "r?aliser" l??uvre compl?te de Proust, qu'une collection de fossiles.
Nous touchons alors peut ?tre l? le point nodal en jeu dans la collection : sa qu?te interminable puisque au bout du compte le collectionneur trouve toujours quelque chose ? collectionner - cette recherche inassouvie, n'implique t-elle pas de la part du collectionneur une position subjective particuli?re ? C'est ? dire la position d'un sujet occup? ? ses pens?es, accapar? ? sa qu?te, se projetant toujours dans un ailleurs, un ailleurs de l'apaisement qu'il n'atteindra jamais puisqu'on l?a vu, ce n'est pas ?a qui est vis?.
ET votre avis???
Bon, il vaut mieux que je m'arr?te l?, sinon aspirine indispensable. Ceci dit, c'est tellement vrai !
mais je con?ois bien que ?a n'int?resse pas forc?ment tout le monde!


et ?a me plait bien...
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